C’est sur les flancs de l’île de Nevis que la française Frédérique Connat et son époux Erik ont réussi à produire un vin rare, déjà reconnu et apprécié. Rencontre avec une femme déterminée, médecin de profession, qui a donné naissance au « premier vin des Petites Antilles, et premier cru de la Caraïbe signé en vin orange signature (blanc de macération) » . By Agnès Monlouis-Félicité
C’est sur les flancs de l’île de Nevis que la française Frédérique Connat et son époux Erik ont réussi à produire un vin rare, déjà reconnu et apprécié. Rencontre avec une femme déterminée, médecin de profession, qui a donné naissance au « premier vin des Petites Antilles, et premier cru de la Caraïbe signé en vin orange signature (blanc de macération) » .
By Agnès Monlouis-Félicité
Winair - Dr Connat, qu’est-ce qui vous a donné l’idée de planter des vignes dans les Caraïbes et surtout de les vinifier ?
Dr Connat - Venant de Bandol et d’un terroir viticole mondialement connu, j’ai voulu emmener avec moi la culture du vin. Mon mari et moi avons sollicité le gouvernement de Nevis afin d’adapter plusieurs cépages sur cette île merveilleuse. Il a été séduit par l’audace et l’enjeu agricole du projet.
Winair - Pourquoi Nevis ?
DC - Parce que l’île est accueillante, que les Névisiens sont particulièrement attachés à tout ce qui a un rapport avec la culture des fruits, des légumes et des plantes médicinales — je rappelle que je suis aussi phytothérapeute. Il y a de plus dans cette île une importante ressource en eau et une terre volcanique propice à la vigne.
Winair - Quand a démarré cette aventure ?
DC - Il y a une dizaine d’années. Nous avons d’abord fait des analyses de terre en collaboration avec un laboratoire en France. Puis nous avons expérimenté quatre premiers cépages naturels résistants dans les zones tropicales, qu’il nous a fallu observer pendant plusieurs années. Enfin le ministre de l’Agriculture nous a permis il y a trois ans de planter une pépinière de 1 000 plants de trois nouveaux cépages, avec l’aide d’un viticulteur du Languedoc (Philippe Allard), afin de les vinifier. Ce que nous avons fait.
Winair - Que donnent les premiers tests de vinification ?
DC - Ils sont concluants. La première s’est déroulée dans une ambiance formidable grâce à Mark Terron, producteur du rhum « Clifton Estate » de Nevis, qui nous a prêté ses cuves. Nous l’avons réalisée de plusieurs façons (avec ou sans rafles, selon plusieurs températures), en vin blanc nature de macération (orange) pour avoir une signature originale (couleur sunset). Cette couleur est inédite dans toutes les Amériques. Nous opérons sans levures ajoutées ni sulfites, et élevons ces vignes sans pesticides, conformément à notre engagement. Nevis est en effet une île qui tient à ne pas polluer sa terre avec des produits chimiques, ce qui est également notre philosophie.
Winair - Quel est le verdict de la première dégustation qui s’est déroulée l’an dernier à St Barth pour séduire les investisseurs ?
DC - Une couleur exceptionnelle et un goût agréable : tous les connaisseurs ont été convaincus. Nous avons présenté nos deux vinifications les plus réussies. Nous pouvons encore l’améliorer. Notre ambition est de rejoindre l’organisation mondiale des vins volcaniques, VINORA, qui nous attend avec enthousiasme et qui compte déjà des vignobles en Grèce, en Italie, aux Açores ou aux Îles Canaries.
Winair - Quel est l’avenir du projet ?
DC - La compagnie « River of Nevis » a été fondée pour développer la viticulture tropicale et le tourisme œnologique dans les Antilles, et pourquoi pas créer une école du vin, accueillir à la ferme les amoureux de Nevis autour de crus inédits, avec un brin de cuisine franco-névisienne. Dernièrement nous avons été visités par son Excellence l’Ambassadrice de l’Union Européenne, fortement intéressée par le potentiel que nous avons.
Winair - Un dernier mot?
DC - Oui ! Merci aux Névisiens qui sont des gens formidables, inspirés par la nature et dont l’aide nous est précieuse. Nous voulons poursuivre cette aventure avec eux. Notre partenaire dans la viticulture est aujourd’hui un Névisien avec lequel nous allons faire des choses formidables, y compris dans le domaine des plantes médicinales. Nous avons beaucoup d’idées ! Nous remercions aussi nos mécènes comme M. Blanchard.
DES VILLAS DANS LE VIGNOBLE
Indépendamment de la démarche viticole mais pensé dans une approche intégrée, un projet de villas a vu le jour. Son caractère est unique : il prévoit la création de villas très haut de gamme et sur-mesure au cœur des vignes. Le projet est porté par l’agence WIA ARCHITECTURE représenté par Céline Dherbomez, architecte à Saint-Martin et amoureuse de Nevis. L’idée séduit déjà une clientèle internationale passionnée par l’œnologie, recherchant par ailleurs une terre refuge sur la planète.
Art Issue #17 FR